Le prix d’un câble cuivre non dénudé chez un ferrailleur oscille entre un tiers et un sixième de la valeur du même cuivre une fois débarrassé de sa gaine. Cet écart de rachat, rarement détaillé sur les grilles tarifaires affichées en déchetterie, repose sur des mécanismes précis que les barèmes publics ne suffisent pas à expliquer.
Taux de cuivre réel dans un câble non dénudé : la variable que le ferrailleur calcule avant vous
Quand un ferrailleur évalue un lot de câbles gainés, il raisonne en rendement matière. La gaine plastique (PVC, polyéthylène, caoutchouc) représente une part variable du poids total selon le type de câble. Un câble électrique domestique classique contient une proportion de cuivre bien inférieure à celle d’un câble industriel à section large.
Le ferrailleur applique un coefficient de rendement estimé au type de câble présenté. Ce coefficient détermine le prix au kilo proposé. Plus la gaine est épaisse par rapport à l’âme conductrice, plus le prix chute.
- Un câble informatique ou téléphonique, avec de nombreux brins fins et beaucoup d’isolant, affiche un rendement cuivre faible, donc un prix de rachat très bas.
- Un câble électrique standard de section moyenne offre un rendement intermédiaire, autour de quelques euros le kilo selon les cours.
- Un câble de puissance à forte section (chantier, industrie) contient proportionnellement plus de cuivre et se négocie nettement mieux, même non dénudé.
Ce que la grille tarifaire affiche rarement, c’est que tous les câbles non dénudés ne valent pas le même prix au kilo. Un lot homogène de câbles à forte section sera toujours mieux coté qu’un mélange hétérogène de fils divers.

Grille de prix cuivre non dénudé vs dénudé : comparatif ferrailleur 2026
Les données publiées par plusieurs ferrailleurs français permettent de mesurer l’écart entre câble gainé et cuivre nu. Le tableau ci-dessous compile les fourchettes constatées en 2026.
| Catégorie | Prix au kilo (constaté) | Commentaire |
|---|---|---|
| Cuivre dénudé millberry (nu, brillant, rigide rouge) | Jusqu’à 10,30 €/kg | Qualité maximale, sans oxydation ni vernis |
| Cuivre dénudé rigide (pas rouge) | Environ 9,50 €/kg | Rigide, sans vernis ni étamage |
| Cuivre mêlé (nu mais oxydé, tuyaux) | Environ 6,30 €/kg | Tuyaux nettoyés, sans raccords ferreux |
| Câble cuivre électrique non dénudé | 2,88 à 3,20 €/kg | Sans prise, sans fibre, sans plomb |
| Câble cuivre informatique non dénudé | Environ 2,50 €/kg | Rendement cuivre plus faible |
| Câble cuivre armé ferré sans plomb | Environ 1,30 €/kg | Présence d’acier dans la structure |
| Câble cuivre armé ferré avec plomb | Environ 0,30 €/kg | Très faible valeur, traitement spécifique |
L’écart entre un câble non dénudé standard à environ 3 €/kg et un cuivre millberry à plus de 10 €/kg illustre l’ampleur de la décote. Le câble non dénudé se vend trois à quatre fois moins cher que le cuivre nu de première qualité.
Cours du cuivre LME en 2026 : pourquoi le prix ferrailleur ne suit pas toujours
Le cuivre a atteint des records historiques en 2026 sur le London Metal Exchange, avec des pointes au-dessus de 14 000 $/tonne. La demande des data centers, des réseaux électriques et de la transition énergétique tire les cours vers le haut. Cette hausse profite aux détenteurs de cuivre propre et trié.
Pour le câble non dénudé, la répercussion est moins directe. Le ferrailleur intègre dans son prix le coût du dégainage (mécanique ou manuel), la perte matière liée à la gaine, et sa propre marge de revente au raffineur. Quand le cours LME monte, le prix du câble gainé augmente aussi, mais avec un décalage et une amplitude réduite.
En revanche, quand le cours baisse, le prix du câble non dénudé chute proportionnellement plus vite. Le ferrailleur protège sa marge sur le poste où il supporte un coût de transformation. La volatilité du LME pénalise davantage le câble gainé que le cuivre nu.
Paiement au ferrailleur et réglementation : ce que la loi impose sur la vente de câble cuivre
L’article L112-6 du Code monétaire et financier interdit le paiement en espèces pour tout achat de métaux par un professionnel, sans aucun seuil de montant. Un ferrailleur qui propose de régler en liquide un lot de câbles cuivre, même pour quelques kilos, agit en dehors du cadre légal.
Tout paiement doit se faire par chèque barré ou virement bancaire. Cette obligation, en vigueur depuis 2011, vise à tracer les vendeurs et limiter l’écoulement de cuivre volé. Les vols de câbles cuivre restent un phénomène massif en France, notamment sur les bornes de recharge électrique et les infrastructures ferroviaires.
Si un ferrailleur accepte de payer en espèces, c’est un signal d’alerte sur ses pratiques. Le prix proposé dans ce cas est généralement plus bas que le marché, car le professionnel compense le risque juridique par une décote supplémentaire.

Dénuder soi-même ses câbles cuivre : seuil de rentabilité
Un câble dénudé se rachète plusieurs fois plus cher qu’un câble gainé. La tentation de dénuder soi-même est logique, mais la rentabilité dépend du volume et de la méthode.
- Au cutter ou à la pince, le débit est lent. Pour quelques kilos de câble domestique fin, le temps passé dépasse souvent la plus-value obtenue.
- Une dénudeuse manuelle à lame réglable accélère le processus sur les câbles de section moyenne. L’investissement se justifie à partir de quelques dizaines de kilos par mois.
- Le brûlage de la gaine est interdit pour des raisons environnementales. Un cuivre présentant des traces de brûlure sera refusé ou fortement décoté par le ferrailleur.
Le cuivre dénudé doit répondre à des critères stricts pour atteindre le prix millberry : surface brillante, couleur rougeâtre, sans oxydation ni résidu de plastique. Un dénudage approximatif fait perdre une partie de l’avantage tarifaire.
Pour un particulier avec un petit lot de câbles récupérés lors de travaux, vendre le câble non dénudé tel quel reste souvent le choix le plus rationnel. Le gain au kilo du dénudage ne compense le temps investi qu’à partir d’un certain volume et avec un outillage adapté.

