Vous faites régulièrement des heures supplémentaires, et votre fiche de paie affiche un montant brut plus élevé. Pourtant, au moment de la déclaration de revenus, une partie de cette rémunération n’apparaît pas dans votre revenu imposable. L’imposition des heures supplémentaires obéit à un mécanisme d’exonération précis, avec un plafond et des conditions qu’il vaut mieux maîtriser avant d’accepter de rester plus tard au bureau.
Le plafond de 7 500 euros : ce qu’il couvre vraiment
La rémunération tirée des heures supplémentaires et complémentaires est exonérée d’impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 euros nets par an. Ce plafond s’applique en 2026 sans changement par rapport aux années précédentes.
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Deux précisions souvent absentes des guides classiques méritent votre attention.
D’abord, ce plafond s’apprécie par salarié, et non par foyer fiscal. Un couple où les deux conjoints font des heures supplémentaires dispose donc de deux enveloppes distinctes de 7 500 euros chacune. L’avantage fiscal peut donc atteindre 15 000 euros d’exonération pour le foyer.
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Ensuite, le seuil vise la rémunération nette fiscale, majorations comprises, tous employeurs confondus. Si vous cumulez deux postes salariés, les heures supplémentaires de chacun s’additionnent pour apprécier le plafond. Ce n’est ni un montant brut, ni un nombre d’heures qui sert de référence.

Dépassement du plafond d’exonération : le surplus est imposable, pas la totalité
Vous avez dépassé les 7 500 euros nets d’heures supplémentaires sur l’année ? Pas de panique. Le mécanisme n’est pas binaire.
Les 7 500 premiers euros restent exonérés, seul le surplus redevient imposable. Prenons un exemple concret. Un salarié perçoit 9 000 euros nets d’heures supplémentaires sur l’année. Seuls 1 500 euros (9 000 – 7 500) s’ajoutent à son revenu imposable. Les 7 500 euros restants échappent à l’impôt.
Cette logique corrige une idée reçue tenace : certains salariés pensent que dépasser le plafond annule l’exonération en totalité. Ce n’est pas le cas.
Heures supplémentaires et cotisations sociales : deux avantages distincts
L’exonération fiscale (impôt sur le revenu) ne doit pas être confondue avec la réduction de cotisations salariales. Ce sont deux dispositifs qui se cumulent.
- L’article L. 241-17 du code de la sécurité sociale prévoit une réduction des cotisations salariales d’assurance vieillesse sur la rémunération des heures supplémentaires et complémentaires.
- Cette réduction s’applique à l’ensemble des employeurs, privés comme publics, y compris sur les territoires de Mayotte et de Saint-Pierre-et-Miquelon.
- Les agents publics bénéficient également du dispositif au titre des heures supplémentaires ou du temps de travail additionnel effectif.
Sur votre bulletin de paie, la réduction de cotisations diminue le montant prélevé chaque mois. L’exonération fiscale, elle, joue au moment de la déclaration annuelle de revenus.
Déclaration d’impôt : la case 1GH et le prélèvement à la source
Les heures supplémentaires exonérées apparaissent dans une case spécifique de la déclaration : la case 1GH (ou 1HH pour le déclarant 2). Ce montant est normalement prérempli par l’administration fiscale à partir des données transmises par votre employeur.
Vérifiez tout de même. Si le montant en case 1GH est erroné ou absent, l’exonération ne s’appliquera pas automatiquement. Le risque : payer de l’impôt sur des sommes qui auraient dû être exonérées.
Impact sur le prélèvement à la source
Les heures supplémentaires exonérées ne sont pas intégrées dans le revenu net imposable servant de base au calcul du taux de prélèvement à la source. Votre taux ne devrait donc pas augmenter mécaniquement parce que vous faites des heures supplémentaires.
En pratique, si votre employeur déclare correctement ces heures, le prélèvement à la source reste stable malgré un salaire brut plus élevé. Si vous constatez une hausse inexpliquée de votre taux, vérifiez la cohérence entre le montant déclaré en heures supplémentaires exonérées et votre revenu net imposable sur impots.gouv.fr.
Taux de majoration des heures supplémentaires : ce qui entre dans le calcul
Pour comprendre combien vous gagnez réellement, il faut intégrer le taux de majoration applicable. La loi prévoit un cadre, mais un accord collectif peut le modifier.
- Les huit premières heures supplémentaires (de la 36e à la 43e heure hebdomadaire) sont majorées d’au moins 25 %.
- Au-delà de la 43e heure, la majoration passe à 50 % minimum.
- Un accord d’entreprise ou de branche peut fixer un taux différent, sans descendre en dessous de 10 %.
La rémunération exonérée comprend le salaire de base de l’heure concernée plus la majoration. C’est ce total net qui est comparé au plafond de 7 500 euros.

Salariés à temps partiel : les heures complémentaires suivent la même logique
Les salariés à temps partiel ne font pas d’heures « supplémentaires » au sens strict. Ils effectuent des heures complémentaires, c’est-à-dire des heures au-delà de la durée prévue dans leur contrat, mais en dessous de 35 heures hebdomadaires.
Ces heures complémentaires bénéficient du même régime d’exonération fiscale et de la même réduction de cotisations salariales. Le plafond de 7 500 euros nets par an s’applique de façon identique.
La majoration est différente : elle est fixée à 10 % pour les heures complémentaires effectuées dans la limite du dixième de la durée contractuelle, puis à 25 % au-delà. Un point à vérifier sur votre bulletin si votre contrat prévoit un temps partiel.
L’exonération des heures supplémentaires représente un levier concret de pouvoir d’achat, à condition d’en suivre le montant cumulé sur l’année. Gardez un oeil sur votre total net en case 1GH lors de la prochaine déclaration, et comparez-le à vos bulletins de paie : c’est le seul moyen de vérifier que l’avantage fiscal joue pleinement.

