Femme d'âge moyen examinant des documents de retraite

Calcul de la retraite travaillant à l’étranger : tous les détails à connaître

1 272 jours de carrière à l’étranger ne pèsent pas le même poids que 1 272 jours passés en France. Ce chiffre, brut, résume tout l’enjeu : pour le calcul de votre retraite, chaque jour compte, mais tous ne se valent pas.

Travailler à l’étranger : ce que cela change pour vos droits à la retraite

S’expatrier, ce n’est pas juste changer de décor : c’est bouleverser sa trajectoire sociale, surtout quand vient l’heure de la retraite. Avant même de penser à la valise, les candidats au départ feraient bien de se pencher sur la mécanique complexe des régimes et accords internationaux. Ces textes, parfois obscurs, dictent quelles périodes d’activité à l’étranger seront reconnues par le régime français.

Imaginons un salarié envoyé au Canada ou au Maroc. Grâce à une convention de sécurité sociale signée avec la France, ses trimestres à l’étranger sont pris en compte dans la durée d’assurance. Pour une cinquantaine de pays, ce type d’accord existe : la liste inclut les États-Unis, le Canada, le Maroc. Mais ailleurs, la règle se durcit. Hors convention, les périodes travaillées ne seront pas retenues pour le calcul de la retraite française, sauf si l’on a pris soin d’adhérer à la Cfe, la Caisse des Français de l’étranger. Cette adhésion volontaire permet de poursuivre ses cotisations en France, malgré l’éloignement.

Le nombre de trimestres validés reste la clef de voûte : il détermine le montant de la pension future. Derrière la promesse d’éviter la double cotisation grâce aux accords bilatéraux, il y a surtout une série de formalités à ne pas négliger. Chaque parcours à l’international doit être décortiqué : la durée du séjour, le type de contrat, le pays concerné, le statut exact… autant de paramètres qui feront la différence au moment de la liquidation.

Pays Trimestres pris en compte Cotisation volontaire possible
Canada Oui Oui (Cfe)
États-Unis Oui Oui (Cfe)
Chine Non Oui (Cfe)

Pour anticiper le niveau de pension, tout commence par la connaissance précise des accords signés entre la France et votre pays d’expatriation. Ce travail d’enquête est incontournable pour comparer ses options : affiliation locale, cotisations volontaires à la Cfe, ou constitution de droits dans deux régimes en parallèle. L’arbitrage n’a rien d’anodin : il engage la retraite sur toute une vie.

Quels systèmes de retraite selon votre pays d’expatriation ?

Changer de pays, c’est aussi changer de règles du jeu pour la retraite. Le système applicable dépend du pays de destination et de la nature de l’accord passé avec la France. L’Union européenne mise sur l’harmonisation : si vous travaillez dans plusieurs pays de l’Espace économique européen ou en Suisse, chaque trimestre validé s’additionne. La France totalise les périodes, puis liquidera votre pension séparément de ses voisins.

En dehors de l’Union européenne, une autre logique s’impose. Les conventions bilatérales, avec les États-Unis, le Canada, le Maroc, par exemple, permettent de coordonner les régimes. Les périodes d’activité réalisées dans ces pays sont, selon les accords, prises en compte en totalité ou en partie. À défaut d’accord, il reste l’option de la Cfe pour continuer à cotiser en France malgré la distance.

Voici, en résumé, l’essentiel à retenir selon la région où l’on part s’installer :

  • Union européenne, espace économique européen, Suisse : totalisation des trimestres, chaque pays calcule sa part de pension séparément.
  • Pays sous convention bilatérale : coordination des régimes, possibilité de totaliser certaines périodes pour les droits à pension.
  • Reste du monde : seule l’adhésion à la Caisse des Français de l’Étranger permet de préserver ses droits au régime français.

Devant la diversité des situations, la vigilance s’impose. Statut local, durée de séjour, existence (ou non) d’un accord : chaque détail oriente la stratégie à adopter pour ne pas perdre de droits à la retraite française. Une lecture attentive des textes, et parfois l’appui d’un conseiller spécialisé, peuvent faire toute la différence.

Comment calculer le montant de sa retraite après une carrière internationale

Passer d’un pays à l’autre fait exploser la simplicité du calcul retraite. Premier réflexe : dresser la liste des régimes où vous avez cotisé. Le salaire annuel moyen, qui sert de base en France, ne s’applique qu’aux années validées dans l’Hexagone. Les périodes à l’étranger sont prises en compte selon les conventions : elles entrent dans le total des trimestres, mais chaque État liquide sa part de la pension selon ses propres critères.

Le taux de liquidation dépend du nombre de trimestres validés, tous pays confondus, dans la limite des règles françaises. Si votre parcours vous a mené dans l’Union européenne ou dans un pays lié par une convention, la France verse sa fraction de pension, calculée au prorata de vos trimestres validés sur la durée totale. Concrètement, cela signifie que la pension française sera réduite en fonction du temps passé à travailler à l’étranger, et chaque pays complétera pour sa part.

Exemple de calcul simplifié

Pour mieux cerner le mécanisme, voici une situation typique :

  • 10 années de cotisation en France, 15 années dans un pays sous convention
  • Sur une carrière totale de 25 ans, la France calcule le montant comme si la carrière avait été complète, puis applique un prorata (10/25)
  • Chaque régime étranger verse sa propre part, calculée selon ses règles

Construire sa retraite après une carrière internationale réclame donc d’éplucher chaque période, de comprendre le taux de liquidation, et de vérifier que tous les trimestres ont bien été validés. Un bilan retraite s’impose, car les oublis ou erreurs peuvent coûter cher au final.

Homme âgé regardant une tablette en plein air

Les démarches essentielles pour faire valoir vos droits de retraite en tant qu’expatrié

Avant toute demande, il faut recenser précisément l’ensemble des régimes de retraite dans lesquels vous avez cotisé, en France et à l’étranger. L’étendue de vos droits dépend de chaque tranche de carrière, du type de contrat (détaché, expatrié, salarié local) et des conventions signées par la France. Il est fréquent que les administrations ne communiquent pas automatiquement entre elles. Mieux vaut anticiper : l’obtention d’un relevé de carrière complet peut prendre du temps, surtout si plusieurs pays sont concernés.

L’étape suivante consiste à contacter la caisse de retraite française compétente, généralement la Cnav pour le régime général. Ce « guichet unique » centralise les demandes de retraite internationale et coordonne les échanges avec les caisses étrangères. Il évite ainsi d’avoir à multiplier les démarches auprès de chaque organisme. Mais un dossier solide est indispensable : bulletins de salaire, attestations d’emploi, certificats de cotisation, contrats, justificatifs de résidence… chaque pièce vient prouver vos droits, en particulier pour les périodes hors Union européenne.

Attention au certificat de vie : ce document, réclamé chaque année, conditionne le versement de la pension française si vous vivez à l’étranger. Les caisses étrangères peuvent également exiger des documents traduits, des formulaires spécifiques, ou appliquer des délais de traitement très variables. Se renseigner en amont évite bien des déconvenues.

Un bilan retraite bien préparé, réalisé suffisamment tôt, limite les risques d’erreur ou de périodes perdues. Les carrières internationales sont souvent émaillées d’oublis ou de lacunes dans les relevés : la vigilance s’impose pour ne pas faire les frais d’une carrière morcelée. Patience et anticipation deviennent les alliées les plus sûres de l’expatrié face à la complexité du dossier.

Au terme de cette traversée administrative, seuls restent la clarté des droits acquis et la satisfaction d’avoir sécurisé chaque étape de son parcours. La retraite à l’international ne s’improvise pas : elle se construit, pièce par pièce, bien avant le dernier jour de travail.

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